Tiny Tunes From The Wilder World

Metamorphoses

Where is the creature that was? Where is the creature that will be?

Quelque part au bout d’un monde, Phaune Radio se balade dans les plis du vivant, là où tout peut surgir, à la recherche de ce qui n’est pas encore – mais qui est peut-être déjà là. Dans le présent amplifié de la métamorphose, on traque et détraque le fil du temps pour franchir les seuils de ces révolutions intérieures qui nous font changer d’ère. A perte de vue, au creux de votre oreille, un jeu de miniatures sonores qui vont là où, pour devenir soi, on devient autre.


Metamorphoses #1: Butterfly

How does one become a butterfly?
You have to want to learn to fly so much that you are willing to give up being a caterpillar.
― Trina Paulus

Depuis la nuit des temps – 201 millions d’années, plus précisément, le papillon est devenu maitre dans l’art de la réincarnation. De l’oeuf à l’imago, notre lépidoptère renonce successivement à au moins 3 corps avant de pouvoir prendre les airs et se rapprocher du ciel. Parce que si la chenille vorace a comme une tête de noeud, pour le papillon, essentiellement, la propriété, c’est le vol.
Récit minuscule d’une vie immense de papillon, presque sans effet.
A ce stade, tout est possible.

Metamorphoses #2: Oak Tree

Nothing on this earth is standing still.
It’s either growing or it’s dying. No matter if it’s a tree or a human being.
― Lou Holtz

À travers les saisons, notre petite graine bien au chaud sous la terre commence à laisser pousser ses racines, avant de pointer le bout de sa tige au dehors. Jeune pousse, écorce vive, puis vieille branche, notre arbre vit bien des intensités immobiles au fil des années.
Au moins lui ne gâche pas la forêt.
Récit accéléré d’une existence végétale en mouvement perpétuel.
A ce stade, tout est possible.

Tiny Tunes From The Wilder World, la nature pour les glands, une série hyper branchée.


Metamorphoses #3: Cicada

Nothing in the cry of cicadas suggests they are about to die.
― Matsuo Bashō

Pour l’insecte le plus bruyant de la planète, chacune des expériences vécues permet de se façonner une voix unique et singulière. Pour cela, la cigale – encore nymphe – se prépare entre 10 mois et 17 ans sous terre, en sirotant de la sève d’arbre, jusqu’à ce que son horloge moléculaire donne le signal. Vient alors le temps des amours et de la vie aérienne, un temps synchronisé pour des millions de congénères qui jouent ensemble sur l’effet de saturation pour survivre aux prédateurs. Chant ultime qui peut ne durer qu’une seule journée, c’est pour lui que notre cicada mue et remue ciel et terre, avant de finir en ressources naturelles pulsées, au sol, de là où elle vient.
Traversée d’une forêt de cymbales qui vous observe avec des regards familiers.
A ce stade, tout est possible.

Tiny Tunes From The Wilder World, une série plus vraie que nature, entièrement basée sur des faits réels.
Featuring : Magicicada septendecim.


Metamorphoses #4: Desert Flash Flood

You should not see the desert simply as some faraway place of little rain. There are many forms of thirst.
― William Langewiesche

Du haut des dunes, dans la simplicité grandiose des formes, on peut contempler ces horizons qui semblent nous attendre. Mais dans cette immensité nue du désert, parcourue seulement par quelques créatures au sang froid ou à la carapace solide, peut-on prévoir l’ampleur et la puissance des conséquences d’un orage à plusieurs centaines de kilomètres de là ?
En quelques heures, le paysage le plus aride peut déborder, avalé par une eau fougueuse qui dévale les pentes, rassemble chaque petit ruisseau et s’enfle de tout ce qu’elle trouve sur son chemin. Argile, sable, boue, débris végétaux ou minéraux, tout est emporté dans la furie des eaux qui avancent. Mais jusque dans ses plus violents excès, c’est le vivant qui l’emporte.
A la fois vitesse et précipitation, trajet sans détour d’une crue éclair en plein désert.
A ce stade, tout est possible.

Tiny Tunes From The Wilder World, une série plus ou moins à contre-courant.


Metamorphoses #5: Frog

Be a frog. Swim in the water
and jump when you hit ground.
― Kim Young-ha

Si pour la plupart des espèces, la métamorphose est parfaitement programmée dans la durée, sans grande variation, pour les amphibiens, il n’en va pas de même. Il semblerait que notre grenouille – encore têtard – soit à l’écoute des nombreux signaux chimiques envoyés dans l’eau par son environnement direct et par ses congénères. De là, elle décide d’accélérer ou ralentir sa transformation pour se réserver le temps de croitre dans l’étang ou filer sur la terre ferme. Toujours est-il qu’au moment de choisir, on ne sait pas si notre têtard fuit le bas ou entend l’appel d’en haut. A lui de décider. A vous de voir.
De la larve au têtard aux membres qui poussent – cartilage qui devient os et branchies bientôt poumons -, jusqu’à la grenouille qui refuse de se noyer, histoire à rebonds d’une double vie qui s’élance.
A ce stade, tout est possible.

Tiny Tunes From The Wilder World, une série avec des vrais morceaux de vivant, garantie sans dissection…


Metamorphoses #6: Sea Turtle

Behold the turtle. He makes progress only when he sticks his neck out.
― James Bryant Conant

Après 80 jours sous le sable, les jeunes tortues nouvellement écloses creusent de toutes leurs forces pour émerger à la surface du sable, sur la plage. Dès les premiers pas hors du nid terrestre, il s’agit de combiner les perceptions d’une multitude de signaux pour s’orienter : lumière, reflets des étoiles, sons des vagues, rythme des lames, inclinaison des sols… Et surtout, faire confiance à la magnétite, un composé métallique contenue dans leur cerveau qui leur permet de sentir le champ magnétique terrestre et donc de se diriger.
Question de vie ou de mort, rejoindre l’océan demande des efforts titanesques. Chaque petit pas compte. Peu importe la vitesse, un pied devant l’autre…
Appel du grand large et maintien du cap, morceaux de bravoure en écailles pour un temps déterminé.
A ce stade, tout est possible.

Tiny Tunes From The Wilder World, une série à suivre pas à pas pour commencer du bon pied.


Metamorphoses #7: Starfish

Duality is always secretly unity.
― Alan Watts

Parce que toutes les étoiles ne sont pas dans le ciel, on en trouve aussi à toutes les profondeurs des océans. D’abord larve diaphane au gré des courants, notre astérie commence bientôt à décanter vers le sol océanique, jusqu’à toucher le fond. Une fois posée là, elle entame sa métamorphose en étoile juvénile. C’est à dire qu’un deuxième corps, littéralement, lui pousse à l’intérieur, y grandit jusqu’à arriver à maturité. Une nouvelle forme, symétrique, avec 5 bras, d’un phylum différent, existe alors simultanément à l’intérieur de la larve. Eventuellement, l’étoile de mer finit par s’extraire pour devenir la spécialiste du clonage et de la régénération que l’on connait, tandis que la larve continue de brouter des algues et naviguer tranquillement sur la plaine abyssale.
Produits dérivants et vertige d’une vie dans deux corps parallèles, en 6 minutes chrono.
A ce stade, tout est possible.

Tiny Tunes From The Wilder World, une série singulière toujours au pluriel.